Alors que les consommateurs espéraient une bouffée d’oxygène après des mois d’inflation galopante, le patron de l’enseigne leader de la distribution française a tenu un discours de vérité ce lundi 20 avril 2026. Selon lui, la décrue des prix n’est pas pour demain.
Les carburants en ligne de mire
C’est une déclaration qui risque de faire grincer des dents à la pompe. Interrogé sur l’évolution des prix de l’énergie, Michel-Édouard Leclerc a été catégorique : les tarifs du gasoil et de l’essence ne « baisseront pas de sitôt ».
Il s’appuie sur une analyse pessimiste du contexte géopolitique et énergétique actuel, tablant sur une crise qui pourrait durer « au moins six mois, peut-être jusqu’à l’hiver prochain ». Pour le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, les tensions sur l’approvisionnement et les coûts de raffinage maintiennent une pression structurelle qui empêche toute baisse significative pour l’automobiliste.
Une inflation alimentaire qui « fait de la résistance »
Si l’inflation massive de ces dernières années semble être derrière nous, le retour à la normale est loin d’être acquis. Michel-Édouard Leclerc souligne plusieurs facteurs qui bloquent la baisse des étiquettes en rayon :
Le coût des matières premières : Certains produits continuent de s’envoler. Il cite notamment le chocolat (hausse prévue jusqu’à 14 %), le café (+9 %) ou encore la charcuterie et les œufs (+8 %).
La crise énergétique des industriels : Le patron breton avertit que si les coûts de l’énergie continuent de peser sur la comptabilité des fournisseurs, ces derniers reviendront à la charge pour renégocier les prix à la hausse.
L’impact des conflits : L’instabilité au Moyen-Orient pourrait compromettre l’objectif initial d’une inflation contenue à 1,5 % pour l’année 2026.
« On ne revient pas aux prix d’avant »
Le message est clair : l’époque de la déflation est révolue. Si Michel-Édouard Leclerc assure que son enseigne continuera de « se battre » pour rester la moins chère du marché, il reconnaît que les prix ont atteint un nouveau plateau.
« Faire une commission d’enquête aujourd’hui sur les prix alors qu’on cherche la stabilité est un peu à contretemps. La réalité, c’est que la distribution pèse peu dans le prix final face aux hausses de coûts subies par les industriels. »
En résumé, si la hausse des prix ralentit enfin, le consommateur devra s’habituer à un panier moyen dont le coût reste élevé. Pour Leclerc, l’heure n’est plus à la baisse, mais à la tentative désespérée de limiter les prochaines hausses.
En bref : Ce qu’il faut retenir
Carburants : Pas de baisse attendue avant l’hiver 2026.
Alimentation : Hausse de 1 % à 1,5 % sur l’année, mais avec des pics sur le chocolat et le café.
Le conseil de MEL : Changer ses habitudes de consommation pour contourner les produits les plus impactés par la crise énergétique.