C’est une journée historique et électrique pour le paysage audiovisuel français. Ce lundi 27 avril 2026, la commission d’enquête parlementaire a voté la publication du rapport de Charles Alloncle sur l’audiovisuel public. Entre accusations de « dérive trumpiste » et volonté de réforme radicale, le service public vacille.
Un vote sur le fil
Le suspense a duré jusqu’au bout dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Réunis à huis clos à 14h30, les 31 députés de la commission d’enquête ont finalement autorisé la publication du rapport rédigé par Charles Alloncle (UDR). Le résultat témoigne de la fracture totale sur le sujet : 12 voix pour, 10 voix contre.
Ce vote de justesse permet au document d’être rendu public d’ici une semaine (le 4 mai 2026). S’il avait été rejeté, il aurait été enterré et interdit de diffusion définitivement.
Ce que contient le rapport (les points de friction)
Bien que le contenu officiel ne soit public que dans sept jours, les auditions et les fuites dessinent une réforme qui ferait l’effet d’une bombe :
• Fusion des chaînes : Le rapport préconiserait la fusion de France 2 et France 5 pour créer une unique « grande chaîne généraliste ».
• Refonte de l’info : Franceinfo et France 24 pourraient être regroupées dans une entité commune.
• Économies massives : On parle de près d’un milliard d’euros d’économies qui seraient réaffectés au désendettement de l’État.
• Gouvernance : Un retour à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France directement par l’Élysée serait envisagé.
Une « guerre culturelle » à l’Assemblée
Le climat des travaux a été d’une violence rare. Les oppositions, notamment le groupe Socialiste et Horizons (pourtant dans la majorité), dénoncent des méthodes de « politique spectacle ». La députée Ayda Hadizadeh a même évoqué une « dérive trumpiste » de la part du rapporteur, l’accusant de mener une campagne de déstabilisation contre le service public.
Franceinfo déjà sous pression de l’Arcom
Ce rapport tombe au pire moment pour France Télévisions. Le 24 avril dernier, le groupe a reçu une mise en demeure de l’Arcom (le gendarme des médias). En cause : des manquements à l’honnêteté et à la rigueur de l’information sur l’antenne de Franceinfo, notamment concernant des propos inexacts tenus lors d’une interview sur le conflit au Proche-Orient et sur le maire de New York.
L’Oeil du Monde suivra de près la sortie officielle du rapport le 4 mai. Une chose est sûre : l’avenir de vos chaînes préférées est en train de se jouer maintenant.