Pendant que vous commandez votre dîner, un marché parallèle prospère dans l’ombre. Une enquête récente révèle l’ampleur du trafic de comptes sur les plateformes de livraison. Pour ceux qui n’ont pas les papiers nécessaires pour s’inscrire légalement, la seule solution est de « louer » ou d' »acheter » l’identité d’un autre.
Les chiffres du scandale :
1000 € : C’est le prix d’un compte « clé en main » créé avec des documents falsifiés sur des groupes Telegram ou Facebook.
100 à 150 € par semaine : Le montant de la « sous-location ». Le titulaire du compte encaisse l’argent sans bouger de son canapé, tandis que le livreur réel trime sous la pluie pour des miettes.
Zéro protection : En cas d’accident, le livreur n’existe pas pour l’assurance. S’il est blessé, il est seul.
La riposte (insuffisante ?) des plateformes
Uber Eats a annoncé avoir supprimé plus de 2 500 comptes frauduleux ces derniers mois grâce à la reconnaissance faciale. Mais les trafiquants ont déjà une parade : des systèmes de « validation à distance » où le titulaire du compte prend le selfie pour le compte du sous-loueur.
Pourquoi ça continue ? Parce que le système a besoin de cette main-d’œuvre invisible pour garantir des livraisons en moins de 15 minutes à bas prix. Derrière l’algorithme, c’est une véritable « roulette russe » sociale qui se joue chaque soir.