Le secteur de la livraison de repas traverse une zone de fortes turbulences en ce mois d’avril 2026. Alors qu’une plainte inédite pour « traite d’êtres humains » vient d’être déposée en France, de nouvelles obligations administratives et fiscales entrent en vigueur pour les plateformes et leurs coursiers.
Une plainte pour « traite d’êtres humains » déposée en France
C’est l’information majeure de cette semaine : des associations de livreurs ont déposé une plainte contre Uber Eats et Deliveroo pour « traite d’êtres humains » et « esclavage moderne ».
Les plaignants dénoncent des conditions de travail qu’ils jugent indignes. Selon les données avancées par les associations :
La rémunération horaire moyenne de certains livreurs est estimée à environ 3 €.
La durée de travail hebdomadaire atteindrait 63 heures en moyenne pour les coursiers les plus précaires.
Plus de la moitié des livreurs (59 %) déclarent avoir déjà été victimes d’un accident du travail.
De son côté, Deliveroo conteste fermement ces accusations, rejetant toute assimilation de son modèle économique à une forme d’exploitation.
Changement majeur : Le prélèvement à la source des cotisations
Depuis ce mois d’avril 2026, Uber Eats fait partie des huit plateformes volontaires pour tester un nouveau dispositif : le prélèvement à la source des cotisations sociales.
Concrètement, la plateforme est désormais chargée de :
Déclarer chaque mois le chiffre d’affaires des livreurs à l’Urssaf.
Prélever directement les cotisations sur les revenus des coursiers pour les reverser à l’État.
Ce système, qui deviendra obligatoire pour toutes les plateformes en 2027, vise à simplifier la gestion administrative des auto-entrepreneurs mais marque aussi une étape supplémentaire vers une intégration plus poussée des travailleurs de plateformes dans le système social français.
Des restaurateurs qui prennent leurs distances
En parallèle, le mécontentement gronde chez les partenaires commerciaux. De nombreux restaurateurs commencent à quitter Uber Eats en 2026, invoquant des commissions jugées « intenables » (entre 25 % et 30 % par commande). Pour compenser ces frais, beaucoup avaient augmenté leurs tarifs sur les applications, ce qui a fini par freiner la demande des clients face à des prix devenus trop élevés.
Vers un nouveau cadre européen
Enfin, ces événements s’inscrivent dans l’application progressive de la Directive européenne sur les travailleurs de plateformes. Ce texte facilite la requalification des livreurs en salariés s’il est prouvé que la plateforme exerce un contrôle trop strict (horaires, instructions, surveillance algorithmique). En avril 2026, la pression s’accentue sur les géants du secteur pour qu’ils clarifient le statut réel de leurs milliers de collaborateurs.